Au MAROC ,le secteur des Plantes Aromatiques et Médicinales (PAM) connaît une forte augmentation de la demande mondiale pour les plantes et les produits dérivés, dont la mise en valeur associée au nombre croissant d’utilisateurs et à la diversité des domaines de leur utilisation, offre de réelles opportunités de développement pour le Maroc.
Les PAM constituent des ressources à forte valeur ajoutée, capables de contribuer à l’amélioration du niveau de vie des populations usagères, notamment dans les zones arides et semi-arides, moyennant toutefois l’adoption d’une politique adéquate dans les domaines de la gestion, de l’exploitation et de la valorisation de ces ressources.
Par ses contrastes géographiques, le Maroc offre une gamme variée de bioclimats méditerranéens permettant une flore sauvage riche constituée de 41 écosystèmes avec environ 4200 espèces à endémisme très marqué. Les espèces à vertus aromatiques et/ou médicinales sont estimées à 600 espèces dont 80 exploitées.
Le Maroc est caractérisé par plusieurs PAM spontanées à savoir : le romarin, l’armoise blanche, le thym, le lichen, le laurier sauce, la camomille sauvage, le caroubier, l’origan, la lavande, le lentisque, le myrte et les cistes.
De même que, les produits obtenus en sylviculture sont diversifiés et comptent les feuilles séchées, les huiles, les fleurs (acacia, aubépine), les extraits des feuilles d’eucalyptus, des aiguilles et de la sciure de cèdre.
Parmi les principales PAM cultivées au Maroc, on peut citer : le henné, le géranium, la lavande, la rose, le jasmin, la verveine, la menthe et le safran. En revanche, les cultures biologiques occupent des surfaces variant entre 1000 et 5000 ha toutes espèces confondues.
Les formes d’utilisation des PAM sont multiples :
La filière des PAM a un rôle socio-économique non négligeable au Maroc, compte tenu des recettes générées (615 millions Dhs) à l’export et des recettes moyennes annuelles des ventes de l’ordre de 5.63 millions Dhs. Le secteur est caractérisé par des quantités moyennes cédées annuellement d’environ 33.000 tonnes et emploie 500.000 JT pour 25 millions Dhs. En plus de leurs ressources fourragères connues pour la qualité de la viande, les PAM ont des vertus thérapeutiques recherchées par leur rôle mellifère.
Le secteur des PAM au Maroc présente des atouts indéniables qui ne demandent qu’à être exploités, nous citerons :
Cependant, face à ces perspectives prometteuses, un certain nombre de contraintes entravent l’épanouissement du secteur :
Pour contrecarrer ces contraintes, une stratégie nationale cohérente est nécessaire à élaborer et à mettre en place pour assurer un développement harmonieux et durable. Le diagnostic du secteur fait ressortir des filières peu organisées et sans intégration appelle à une vision pertinente et une démarche participative et partenariale impliquant toutes les parties prenantes, pour définir une stratégie nationale assurant un développement durable du secteur (pérennisation des ressources, augmentation de la valeur ajoutée pour les populations locales, lutte contre la désertification).
Il s’agit essentiellement de préparer le secteur à opérer le passage d’un secteur fournisseur de matières premières non transformées à un véritable secteur industriel, offrant des gammes de produits de qualité, à forte valeur ajoutée, destinés aussi bien au marché local qu’au marché international. Le développement, voire la survie du secteur, passe par son évolution du stade artisanal au stade industriel. Cette stratégie nationale est le fruit de la coopération entre le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification et l’Agence Américaine pour le Développement International avec la collaboration de tous les départements et les acteurs concernés du secteur.