Le secteur sucrier tient un rôle essentiel dans les régions marocaines
et dans l’économie marocaine.
Fournisseur de près de 47% des besoins en sucre à l’échelle nationale et véritable locomotive régionale.
Le secteur sucrier participe directement au développement rural grâce à la création d’emplois directs et indirects.
| Sucres et corps gras | Superficie(en Ha) | Production usinée (1000 T) |
| Betterave à sucre | ||
| Gharb | 16 730 | 721 |
| Loukkos | 5 415 | 201 |
| Tadla | 16 625 | 1 171 |
| Doukkala | 19 946 | 836 |
| Moulouya | 4 600 | 270 |
| Total | 63 316 | 3 199 |
| Canne à sucre | ||
| Gharb | 10 332 | 675 |
| Loukkos | 4 084 | 288 |
| Total | 14 416 | 963 |
| Tournesol | ||
| Gharb | 25 800 | 19 100 |
| Loukkos | 8 500 | 2 900 |
| Meknès | 11 850 | 5 700 |
| Autres | 19 760 | 2 700 |
| Total | 65 900 | 30 400 |
Les rendements moyens réalisés sont de l'ordre de 50 tonnes/ha pour la betterave à sucre et de 70 tonnes/ha pour la canne à sucre.
Les rendements réalisés par les cultures oléagineuses sont de 5 qx/Ha pour le tournesol, moins de 15 qx/ha pour le colza, de 10 à 16 qx/ha pour le soja et l'arachide, et de moins de 6 qx/ha pour le carthame.
Les cultures sucrières permettent la création de 10 millions de journées de travail par an.
Le nombre global des exploitations agricoles concernées est estimé à 80.000 .
Le Maroc dispose actuellement d'un outil de production industrielle capable de traiter par campagne sucrière une quantité de près de 3,2 millions de tonnes de betterave et de 1,2 million de tonnes de canne à sucre, soit 650.000 tonnes de sucre par an.
Le secteur sucrier emploie directement pour ses installations industrielles 3.000 personnes sans compter les emplois crées indirectement dans les activités parallèles.
La filière sucre a constitué une composante essentielle de la politique de développement du secteur agricole national et a bénéficié d'importants investissements publics. En effet, dès 1963, et dans le cadre de la politique d'autosuffisance alimentaire en produits agricoles de consommation de base et de développement des productions de substitution aux importations, le Maroc a arrêté un vaste programme de développement de la filière sucre, appelé plan sucrier. En plus de la mobilisation d'investissements substantiels en infrastructures d'irrigation et dans l'industrie sucrière, ce plan a mis en place le long de la filière tout un arsenal d'instruments d'intervention pour assurer l'atteinte des objectifs fixés par les pouvoirs publics.
Au niveau de l'ensemble du processus de production agricole, le plan sucrier fixait les assolements obligatoires et les prix payés aux producteurs. De même qu'il assurait l'encadrement technique, l'approvisionnement en intrants et le financement de la campagne. En vue de garantir un prix aux agriculteurs dit rémunérateur, tout en ne pénalisant pas le consommateur, le plan, en mobilisant un système complexe de subventions et de compensations tout le long de la filière, fixait les quotas à l'importation, les protections tarifaires à la frontière, les marges de l'industrie de transformation et de la distribution, les prix à la consommation et même les prix de rétrocession des sous produits aux éleveurs.
Ce plan a permis d'atteindre, et dès le milieu des années quatre vingt, un taux d'autosuffisance alimentaire en sucre de près de 50%, en passant par des pics de plus de 60% certaines années en mettant sur pied une filière de production et de transformation, capable de produire 600 000 tonnes de sucre blanc par an et de subvenir ainsi à près de 45% de la demande nationale. En plus d'économiser des devises qui peuvent être mobilisées pour le développement d'autres secteurs de l'économie nationale, l'autosuffisance alimentaire était considérée comme le moyen le plus efficace pour protéger le pays contre la volatilité que pouvait connaître les prix internationaux des denrées alimentaires de base.
Concernant la compensation, une subvention forfaitaire a été fixée à 2000 Dh/T tonne de sucre raffinée. Elle est versée sur les quantités vendues aussi bien aux raffineurs qu’aux importateurs. Pour les stocks, les professionnels sont tenus de détenir un stock fixé au douzième (1/12) des ventes enregistrées au cours de l’année précédente. Le monopole d'importation de l'Office National du Thé et du Sucre (ONTS) a été supprimé. En outre, un système de tarification a été instauré depuis le 6 mai 1996, ayant pour objectif de protéger le producteur et le consommateur nationaux, de réduire la variabilité des prix intérieurs et de stabiliser la charge budgétaire de l’Etat. Ce système a été basé sur un prix ciblé de 4700 DH /T pour le sucre brut, 5700Dh/T pour le sucre blanc granulé et 6500 Dh/T pour le sucre blanc en pain, morceaux et lingots, et ce en vue de protéger la production nationale. En 1998, un système de protection dit «dégressif» a été mis en place. Ce système de protection, qui est toujours en application vise, entre autres, d’opérer les corrections nécessaires pour porter le prix de revient des importations du sucre brut (qui constituent l’essentiel des importations en sucre) au niveau d’un prix ciblé de 4700 DH /T, et ce en vue de protéger la production nationale.
La privatisation totale de l'industrie de transformation n'a trouvé une issue définitive qu'en 2006 par la vente à la Société COSUMAR des quatre dernières sucreries (Surac, Sunabel, Suta et Sucrafor) que détenait l'Etat sachant que ce holding avait pris contrôle du capital des deux sucreries des Doukkala (Zemmamra et Sidi Bennour) en 1993.
Source : Symposium international agriculture durable en méditerranée (AGDUMED) Rabat, Mai 2009Les graines oléagineuses permettent à la fois de produire des huiles, l'une des denrées alimentaires de base dans la consommation humaine, de fournir des tourteaux qui sont des sous-produits riches en protéines nécessaires pour l'alimentation du bétail, notamment pour la volaille industrielle, et de présenter des éléments moteurs de l'implantation d'une infrastructure industrielle de transformation (trituration et raffinage).
Le secteur marocain des cultures oléagineuses arrive à peine à couvrir 20 % de la consommation locale en huiles alimentaires, dont la moitié est couverte par les graines oléagineuses annuelles, essentiellement le tournesol, et l'autre par l'huile d'olive. Le recours à l'importation des graines oléagineuses et des huiles végétales brutes coûte à l'état environ 200 millions de dollars par an dont 70% pour les huiles végétales brutes et 30 % en graines oléagineuses.
Après une période de développement rapide des cultures oléagineuses annuelles, particulièrement le tournesol, durant la décennie 1980, ce secteur s'est ultérieurement effondré du fait d'une combinaison de facteurs techniques, économiques et organisationnels.
Le potentiel du Maroc en cultures oléagineuses annuelles est très important et s'élève à plus de 800.000 ha. Sur les dix dernières années, les réalisations moyennes, en termes de superficie, ont à peine atteint 12 % de ce potentiel.
Pour redresser à court terme le niveau de production du secteur, les périmètres irrigués sont les plus aptes à accomplir cette mission. En effet, les ORMVA des Doukkala, Gharb, Loukkos et Tadla présentent pour la seule culture du tournesol un potentiel de superficies de 30.000 hectares en irrigué et 70.000 hectares en Bour, avec des rendements potentiels de l'ordre de 15 qx/ha en Bour et 35 qx/ha en irrigué, permettant une production potentielle de 200.000 tonnes et couvrant 31 % du déficit actuel.
Les principales espèces oléagineuses annuelles cultivées au Maroc sont le tournesol, le colza, l'arachide, le soja et le carthame. Le tournesol constitue la principale culture oléagineuse avec toutefois des fluctuations importantes de superficies du fait que la culture est considérée par les agriculteurs comme une spéculation de substitution aux cultures d'hiver, en cas d'inondations ou de sécheresse automnale. L'importance relative de l'arachide est diminuée par le fait que la production de cette espèce est plutôt destinée à la consommation de bouche qu'à la production d'huile. Le colza, introduit en 1982, est limité à certaines grandes exploitations publiques ou privées. Le soja, introduit en 1981, est exclusivement cultivé en irrigué et sa superficie n'a jamais dépassé 12.000 ha, et stagne actuellement à moins de 1.000 ha. Le carthame, qui s'est toujours limité à moins de 1.000 ha, est complètement abandonné par les agriculteurs à cause des problèmes d'écoulement de la production.
Avant la libéralisation du secteur, devenue effective depuis 1996, la filière des oléagineux est fortement réglementée, notamment par la fixation de prix et de marges à tous les niveaux de la filière. Les producteurs livrent leur production à la COMAPRA à un prix fixé par l'Etat.
Après la libéralisation des prix des graines, les agriculteurs ont trouvé des difficultés quant à l'écoulement de la production. Le prix des graines est négocié entre l'association des producteurs, la COMAPRA et le triturateur. Pour la première campagne de ce nouveau système, le prix du tournesol est tombé de 440 dh/ql à 370 dh/ql. Ne connaissant pas d'avance le prix de vente de leur produit, les agriculteurs réagissent par l'abandon ou l'extensification des cultures oléagineuses.
A partir du 1er novembre 2000, le secteur des huiles végétales et des graines oléagineuses s'est davantage libéralisé. Le prix de vente des huiles de graine est devenu libre avec toutefois un "accord de modération des prix" d'une durée de 2 ans entre l'Etat et les principaux opérateurs. L'Etat a supprimé la protection par les équivalents tarifaires à la frontière et a instauré un droit d'importation fixé à 2,5%. Pour les producteurs de graines oléagineuses, l'Etat leur garantit la collecte de la production à travers la COMAPRA à un prix avoisinant 400 dh/ql, et leur accorde des aides directes.Pour les industriels qui s'approvisionnent en graines oléagineuses sur le marché local, l'Etat s'engage à leur verser la différence avec le prix pratiqué à l'extérieur.
Source : Prof. Ahmed Bamouh & Prof. Ahmed Bouaziz de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II et Dr. Mohammed Elasri de l’Institut National de la Recherche Agronomique