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Défis et opportunités de la transition vers l'agriculture biologique au Maroc

(01/12/2023)

Basée sur le respect du cycle naturel des espèces animales et végétales, l'agriculture biologique a émergé au Maroc dans les années 1990, gagnant en importance avec le Plan Maroc Vert. Interdisant l'usage d'intrants et de produits chimiques synthétiques à toutes les étapes, de la production à la commercialisation, elle s'aligne sur la stratégie marocaine de valorisation des produits agricoles de qualité spécifique, notamment les produits de terroir et les produits biologiques. En opposition à l'agriculture conventionnelle qui recourt à des pesticides et engrais chimiques synthétiques pour maximiser les rendements, l'agriculture biologique privilégie des méthodes de lutte biologique contre les ravageurs, l'utilisation de compost et d'engrais naturels pour fertiliser les cultures.

La régulation de la production biologique au Maroc est encadrée par la loi n°39-12, entrée en vigueur en septembre 2018, dédiée à la production biologique des produits agricoles et aquatiques. Le Maroc se distingue en tant que deuxième pays d'Afrique à mettre en place une législation propre dans ce domaine, conformément aux normes internationales. Pour accompagner la filière une aide a été mise en place par l’Etat pour la certification des produits agricoles obtenus selon le mode de production biologique en application de l'article 2 du décret n° 2-18-13.

En 2022, la superficie totale dédiée à la culture biologique est fixée à 18.500 ha, comprenant 7.057 ha certifiés Bio Maroc. Les principales espèces cultivées en mode de production biologique au Maroc sont l’olivier, l’amandier, les plantes aromatiques et médicinales (PAM), les agrumes et les cultures maraîchères. En plus de la cueillette spontanée, 12.000 ha de superficies cultivées sont réservés à l’agriculture biologique, pour une production totale d’environ 120.000 tonnes. 80% de la superficie cultivée est répartie entre 5 principales régions de production notamment : Fès-Meknès, Marrakech-Safi, Souss-Massa, Casablanca–Settat et Rabat-Salé-Kénitra. Cette distribution est illustrée dans le graphique ci-dessous.

Pour la cueillette spontanée, les principales espèces concernent l’arganier, les PAM, le caroubier, la figue de barbarie et les câpres. Quant aux exportations des produits biologiques, elles ont atteint un volume d’environ 17.000 tonnes (dont 10.000 tonnes de produits transformés et 7.000 tonnes de produits frais). Quant aux espèces exportées, elles concernent  les agrumes, les primeurs, les jus d’orange congelés, la fraise surgelée, l’huile d’olive et l’huile d’argan.

La transition vers l'agriculture biologique au Maroc représente une étape cruciale dans la quête d'une agriculture plus durable, tant du point de vue environnemental que socio-économique. Alors que le secteur agricole marocain joue un rôle central dans l'économie nationale, la nécessité de passer à des pratiques plus respectueuses de l'environnement est devenue impérative. Cette transition offre une occasion unique de réévaluer les méthodes de production agricole, de renforcer la résilience des écosystèmes et de promouvoir une sécurité alimentaire à long terme.

Sur le plan de la durabilité environnementale, l'agriculture biologique au Maroc peut contribuer à la préservation des sols, à la conservation de la biodiversité et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elle constitue ainsi une réponse directe à la dégradation des terres et aux défis environnementaux auxquels le pays est confronté. En outre, cette transition positionne le Maroc de manière avantageuse sur la scène internationale. Les consommateurs mondiaux, de plus en plus axés sur la durabilité, manifestent un intérêt croissant pour les produits biologiques, offrant ainsi au Maroc des opportunités d'exportation significatives et une diversification des revenus agricoles.

En effet, la transition vers l'agriculture biologique au Maroc représente une opportunité majeure, offrant des avantages environnementaux, sociaux et économiques. Cependant, elle nécessite une approche holistique pour surmonter les défis associés. Avec un engagement fort de toutes les parties prenantes, le Maroc peut évoluer vers un modèle agricole plus adapté aux changements climatiques.

 

Sources : MAPMDREF, FAO, L’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture

 

 

Source : Crédit Agricole du Maroc