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La décarbonation de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire marocaine en faveur d’une transition verte

(22/12/2023)

« Le Royaume du Maroc, fidèle à ses engagements climatiques, a mis en place une politique nationale intégrée pour préserver l’environnement, faire face aux effets du changement climatique et atténuer les émissions des gaz à effet de serre… » Extrait du discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’occasion de la cérémonie de signature de l’Accord de Paris.

Malgré son statut de faible émetteur des Gaz à Effet de serre (GES), le Maroc s’est engagé de manière volontariste à mettre en œuvre des actions d’adaptation et d’atténuation en s'inscrivant pleinement dans l'Accord de Paris. En effet, le Maroc a fixé des objectifs climatiques ambitieux pour 2030 dans le cadre de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN). Un processus d’élaboration d’une « Stratégie de Développement Bas Carbone à l’horizon 2050 » a également été lancé, début 2020, afin de parvenir à une vision intégrée, commune et partagée, établissant les principales orientations de l’économie et de la société marocaines entre 2020 et 2050 et envisageant des transformations économiques et sociales profondes dans un monde neutre en carbone.

La première stratégie de développement à faibles émissions de gaz à effet de serre (GES) à long terme (LT-LEDS) a pour objectif de stimuler le développement de nouvelles chaînes de valeur vertes, améliorer la compétitivité économique du Maroc tout en assurant sa décarbonation. Cette approche proactive s'aligne sur les évolutions similaires chez les partenaires commerciaux du Maroc, notamment le "Green Deal" de l'Union Européenne et la Zone de libre-échange continentale de l'Union Africaine (ZLECAF).

Pour le secteur énergétique, qui représente 20% de la consommation énergétique nationale, le Maroc se fixe pour objectif de réduire ces émissions de 34,5% d'ici 2030. Le pays identifie des projets de production énergétique à partir de sources renouvelables (solaire, éolienne et hydraulique) visant à produire 9 GWh d'ici 2030, pour un coût estimé à 8 milliards de DH. Des perspectives considérables d'investissement dans l'hydrogène vert sont également explorées.

Quant au secteur agricole, le Maroc vise à adopter des pratiques durables, dont l'agroécologie, l'agroforesterie et une utilisation efficiente des ressources en eau. La transition vers des méthodes de culture respectueuses de l'environnement, comme l'agroforesterie, peut contribuer à la séquestration du carbone dans le sol et à la préservation de la biodiversité. L'intégration de technologies agricoles intelligentes, comme la télédétection et l'irrigation de précision, vise non seulement à accroître l'efficacité des exploitations, mais aussi à réduire l'empreinte carbone de l'agriculture. La promotion de l'agriculture biologique et la réduction de l'utilisation des pesticides et des engrais synthétiques sont considérées comme des mesures essentielles pour une agriculture durable.

S’agissant de l'industrie agroalimentaire, la réduction des émissions de gaz à effet de serre passe par l'adoption de pratiques de production écologiques et l'optimisation des chaînes d'approvisionnement. L'utilisation d'énergies renouvelables dans le processus de fabrication, la gestion responsable des déchets et l'usage d'emballages durables sont autant de leviers explorés pour décarboner cette industrie.

Le Maroc envisage également de tirer parti des mécanismes de compensation carbone en investissant dans des projets de reforestation ou de production d'énergie renouvelable tout en créant des emplois verts pour renforcer la résilience des communautés locales.

Dans cette perspective, la sensibilisation et la formation des acteurs du secteur agricole et agroalimentaire jouent un rôle crucial. Les enjeux de la décarbonation nécessitent une compréhension approfondie et un engagement actif de la part des parties prenantes. Des programmes éducatifs et des incitations financières ciblées peuvent stimuler l'adoption de pratiques durables, favorisant ainsi une transition plus fluide vers des modes de production respectueux de l'environnement.

Il en sort que la décarbonation de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire au Maroc représente une bonne opportunité à saisir par les différentes parties prenantes. Il s’agit d’un processus de transition, alliant innovation technologique, sensibilisation des acteurs et politiques incitatives, afin de créer un modèle agricole et agroalimentaire résilient et en phase avec les impératifs de durabilité et de lutte contre le changement climatique. En s'inscrivant dans cette dynamique, le Maroc se positionne non seulement comme un acteur clé de la transition verte régionale, mais renforce également sa compétitivité et son attractivité sur le marché international.


Sources : LT-LEDS ; Plan Climat National ; Gouvernance du changement climatique au Maroc : Dr. Mohamed BEHNASSI ; Outils des gestions et marchés carbone : Luc Savard

 

Source : Crédit Agricole du Maroc