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Tomate :Les exportations se limitent au quota

(16/12/2010)

Avec des superficies stationnaires en tomate sous abri, le démarrage de la campagne export 2010-11 a été assez tardif avec un tonnage plus faible que d’habitude. Faiblesse que M. Khalid Saïdi, Président de la commission agrotechnique de l’APEFEL, explique par deux raisons : - la canicule estivale qui a causé des problèmes de nouaison et la perte de plusieurs bouquets (certains producteurs en ont perdu jusqu’à 4-5). - le retard de plantation d’un millier d’hectares qui n’ont pas participé au démarrage des exportations. Rappelons que la campagne précédente a vécu des problèmes d’excès de pluviométrie qui ont provoqué de fortes attaques de maladies cryptogamiques ayant conduit à l’arrachage et à la replantation de 1.000 ha environs. Cette superficie a continué à produire et à approvisionner le marché local jusqu’au mois d’août et pendant le ramadan, cumulant un retard dans leur préparation pour la campagne actuelle, d’où leur entrée tardive en production. Ainsi, en octobre, et en raison de la faiblesse de la production et afin de pouvoir exporter le maximum, il n’y a même pas eu de répartition du quota entre exportateurs. Malgré cela, le volume expédié a à peine atteint le tonnage prévu par le quota, alors que l’année dernière il a été dépassé et on a du recourir au dédouanement GATT. Pour le mois de novembre, les prévisions tablaient sur 2.000 t/j, mais les exportateurs n’arrivaient qu’à 1.500 t/j en moyenne. Alors que le marché est demandeur et les prix intéressants, indique-t-on à l’EACCE. Au 21 novembre, les exportations étaient de 13% inférieures par rapport à l’année dernière (52.715 t contre 60.722). A rappeler vers la mi-novembre, la conjoncture de la fête de l’aïd el Adha qui a entraîné un arrêt des récoltes par manque de main d’oeuvre, réduisant les exportations à 100-200 tonnes par jour. Les tomates sont donc restées sur les plantes, mais fort heureusement sans conséquences, car une vague de froid est venue bloquer la maturation, ce qui a permis d’avoir plus de tonnage après l’aïd, permettant d’atteindre un pic de 1.650 t/j. A noter que le marché intérieur, de par les prix intéressants qu’il offrait cet automne, a constitué une certaine concurrence pour l’export. Conjoncture plutôt favorable Pendant les mois d’octobre et de novembre, les producteurs ont profité de prix intéressants, à l’instar des prix favorables sur le marché français où le Maroc était seul puisque l’Espagne n’entrera en production que vers la mi-décembre. « Pour maintenir ce niveau, les professionnels ont adopté une politique de qualité au niveau des stations, basée sur une sélection rigoureuse des tomates expédiées. Nos exportations ont été aidées en cela par un atout de taille, la lutte intégrée, véritable saut en avant dans la production. Aujourd’hui ce mode lutte contre les ennemis de culture concerne plus de 80% des surfaces de la tomate » a indiqué M. Saïdi. Pour la suite, même s’il est hasardeux de faire des prévisions à long terme, les professionnels sont optimistes. Tous les indicateurs laissent présager un bon mois de décembre, en termes de tonnages et de prix. Si les températures restent clémentes, on pourrait exporter jusqu’à 2.500 t/j, mais si elles baissent, on se situera plutôt autour de 1.000 à 1.200 t/j. D’ailleurs, en cas de basses températures, l’Espagne aussi sera logée à la même enseigne et on assistera à une régulation de l’offre par le climat, continue M Saïdi. Cependant, il faut rester vigilants pour éviter de tomber dans la même situation que l’année dernière en raison des problèmes de maladies qui risquent de survenir si l’année est fortement pluvieuse. En plus de ces différents aspects, M Abdellatif Taraf, directeur technique à l’EACCE, estime qu’il est primordial de donner à la logistique et au commercial l’importance qu’ils méritent. Ainsi, il faut signaler la mise en place d’une ligne Agadir-Saint Petersbourg (pour conteneurs) qui va permettre l’accès de la tomate marocaine au marché russe, alors qu’auparavant elle passait par Perpignan. Par ailleurs, certains nouveaux groupes commencent à s’intéresser aux plateformes commerciales, estimant qu’il est important que les opérateurs prennent en main la commercialisation et certains travaillent déjà avec la grande distribution. Sur le plan du calendrier de production, les 1.000 ha replantés l’année dernière à cause des intempéries et mis en place en retard cette année, ont contribué à une plantation échelonnée avec une partie des superficies en production précoce puis le tardif qui prendra la relève.

Source : Agriculture du Maghreb