La lavande

Lavande

La lavande représente une des principales plantes aromatiques et médicinales exploitée et cultivée dans plusieurs pays du pourtour méditerranéen. Déjà, durant les civilisations grecques et romaines la lavande était d’usage connu en médecine, en parfumerie et en cosmétologie. Au Maroc, la lavande existe à l’état naturel dans plusieurs régions, notamment dans le Rif, le Moyen et le Haut Atlas. Les espèces spontanées comprennent plusieurs variétés, à savoir la lavande officinale, la lavande stoechas, la lavande dentée et la lavande maritime. La lavande cultivée dans la région d’Oulmès est un lavandin, hybride issu du croisement entre la lavande officinale et la lavande aspic.

Historique de la lavande à Oulmès

La culture de la lavande a été introduite dans la région d’Oulmès au début des années cinquante par des colons français. Après l’indépendance, les plantations de lavande ont été délaissées et leur extension est restée limitée, ne dépassant guère les 200 hectares. Ce n’est qu’au début des années 90 que cette culture a connu une extension significative en raison d’une demande croissante du marché local. Cette demande a incité les agriculteurs de la région à adopter cette culture dans leur système de production et à lui donner une place de plus en plus importante par rapport aux cultures traditionnellement pratiquées.

Localisation et superficies

La zone de culture de la lavande estlocalisée principalement dans le plateau situé à l’Est de la ville d’Oulmès de part et d’autre des routes menant à Tarmilet et Tiddas. La superficie actuelle de la lavande dans la région a été inventoriée à 1121,5 hectares répartis entre 151 agriculteurs. L’extension des superficies se fait au détriment des cultures traditionnellement pratiquées, notamment les céréales, traduisant ainsi l’intérêt socio économique croissant que revêt la pratique de cette culture dans la région.

Culture et production

La lavande est une culture pluriannuelle. Elle passe d’abord par une phase de pépinière où les agriculteurs multiplient les plants par bouturage. Les boutures sont ensuite prélevées à partir de pieds vigoureux. Les plants sont transplantés au champ la saison suivante avec des écartements à dominance de 1,5x1,5m. Récemment, les agriculteurs ont commencé à adopter des écartements de 0,75x2m pour obtenir une densité plus importante et un espacement interligne permettant la mécanisation. La lavande entre en production à partir de la troisième année et le maximum de la production est atteint entre la 6ème-8ème année. La lavande est en pleine floraison entre mi-Juin et mi-Juillet. Les sommités florales sont fauchées manuellement à l’aide de faucilles, puis transportées vers les aires de séchage et de battage. Le battage est réalisé de façon traditionnelle pour séparer les fleurs, qui sont ensuite tamisées et emballées dans des sacs et prêtes à être stockées et commercialisées. La lavande d’Oulmès est pratiquée entièrement en bour. L’entretien des plantations se limite à des désherbages périodiques pour l’élimination des mauvaises herbes. Aucun apport de fumure ni de traitement phytosanitaire n’est pratiqué sur cette culture, ce qui lui confère ainsi l’opportunité d’être qualifiée de produit Bio. Les plantations en pleine production donnent des rendements moyens de l’ordre de 8 qx/ha avec des variations de 4 à 10 qx/ha en fonction de l’état de la plantation et des conditions climatiques. Les prix de vente sur le marché local varient entre 10 et 20 Dh/Kg en fonction de l’offre et de la demande. Les circuits de commercialisation sont complexes et dominés par les intermédiaires.

Valorisation du produit

Jusqu’à 2004, la totalité de la production était commercialisée en vrac, ce qui limite la plus value au profit du producteur. Avec la création récente de la coopérative « Al Khouzama », des tentatives de valorisation sous forme de fleurs séchées mises en sachets, et d’huiles essentielles et eaux florales, ainsi que de miel de Lavande, ont été entreprises.

Contraintes liées à la lavande

En dépit de l’évolution constatée, la culture de la lavande est confrontée à plusieurs contraintes dont les principales sont :

  • Le matériel végétal utilisé est ancien et non diversifié
  • La conduite technique est peu maîtrisée, et les travaux d’entretien restent très limités
  • Les techniques de post-récolte, notamment le séchage et le battage traditionnels affectent la qualité des produits
  • La commercialisation est handicapée par la dominance d’intermédiaires, le manque d’information sur le marché et le manque d’organisation professionnelle

Récolte, manipulation du produit et conditions d'une bonne conservation

La récolte peut faire l'objet de 3 à 4 cueillettes échelonnées sur 1 à 2 mois. Les fruits cueillis doivent être manipulés avec soin afin d'éviter leur blessure. Le rendement varie de 40 à 120 T/ha, selon la qualité de l'entretien consacré à la culture et selon les conditions climatiques (le chergui hâte la maturation, la groupe et réduit fortement la fermeté des fruits, ce qui diminue énormément les chances de la réussite de la récolte; lorsque le chergui est fort et prolongé, aucun fruit ne peut être cueilli; le rendement est alors nul, malgré la charge de la plante en fruits). Au moment de la récolte, le transport à l'usine pose souvent problème. En effet, le camion doit être disponible afin d'éviter des pertes éventuelles suite au caractère périssable des fruits de la tomate. Presque tous les agriculteurs produisent en même temps, ce qui augmente la chance de rencontrer des problèmes de transport.

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Source : www.vulgarisation.net - www.legume-fruit-maroc.com